Le Blog de Vinteur

Vinteur, le rédacteur de ce site, vous présente son journal

17 novembre 2006

Un conte sur la sagesse

Savoir ou ne pas savoir

Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin décida de voyager pour parfaire son savoir. Quand un jeune homme lui demanda quels gens il allait chercher à rencontrer, il dit, se rappelant quelques sages paroles entendues au marché :
- Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, il est stupide. Il faut l'éviter.
- Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est un enfant. Il faut lui apprendre.
- Celui qui sait et ne sait pas qu'il sait, il est endormi. Il faut le réveiller.
- Celui qui sait et sait qu'il sait, c'est un sage. Il faut le suivre.

Djeha-Hodja Nasreddin a fait une pause et a continué :
- Mais, vous savez combien il est difficile, mon fils, d'être certain que celui qui sait et sait qu'il sait, sait vraiment.

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16 novembre 2006

un autre conte sur la sagesse

Un deuxième conte sur la sagesse, la « vraie » sagesse…

La véritable question

Djeha-Hodja Nasreddin était chez lui, en train de préparer un tajine. Une fois le plat réchauffé, il le retire du feu et verse un seau d'eau pour éteindre les flammes.Djeha-Hodja Nasreddin reste interdit, comme si c'était la première fois qu'il remarquait la fumée et le bruit produits au contact de l'eau sur le feu.Il se précipite hors de chez lui et se rend à l'autre bout du village où habite un vieillard réputé pour sa grande sagesse. Djeha-Hodja Nasreddin déboule dans la cuisine, où l'homme vénérable était assis à attendre que son tajine soit cuit. Il prend le plat, le renverse par terre et jette de l'eau sur les flammes pour les éteindre.
Ensuite il se retourne vers le sage :
- Dis-moi, noble sage, j'ai une question à te poser. Peux-tu me dire, de l'eau ou du feu, lequel a produit cette fumée et ce bruit ?
Le vieil homme s'assoit un moment, regarde Djeha-Hodja Nasreddin, puis son repas répandu sur le sol. Enfin il se lève et donne une gifle retentissante à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Dis-moi, Djeha-Hodja Nasreddin, j'aimerais d'abord que tu répondes à ma question. De ma main ou de ta joue, laquelle a produit le bruit que tu viens d'entendre, et la douleur que tu as certainement ressentie ?

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14 novembre 2006

conte: la moitié d'une couverture

La moitié d'une couverture

Dans une pauvre maison vivait un homme, avec sa femme, son père et son fils, avec encore un bébé au berceau. Le vieux père n'était bon à rien. Trop faible, il ne travaillait plus. Il mangeait et fumait, assis devant la porte. Alors l'homme décida de le chasser de la maison, de le lancer au hasard sur les routes, comme on le faisait quelquefois, dans les temps très durs, pour les bouches inutiles.

L'épouse tenta d'intercéder pour le vieil homme mais vainement. "Donne-lui, au moins une couverture, dit-elle. - Non, je lui donnerai la moitié d'une couverture. C'est bien suffisant." L'épouse le supplia. Il se laissa finalement convaincre de donner toute la couverture.

Au moment où le vieil homme s'apprêtait à quitter la maison en pleurant, on entendit soudain la voix du bébé dans le berceau. Et le bébé disait à son père : "Non ! Ne lui donne pas toute la couverture ! Donne-lui seulement la moitié. - Pourquoi, demanda le père stupéfait, en se rapprochant du berceau. - Parce que, répondit le bébé, j'aurai besoin de l'autre moitié pour te la donner, le jour où je te chasserai d'ici."

(Conte irlandais, Jean-Claude Carrière, Le cercle des menteurs, éd. Plon)

Note personnelle: penser à republier ce conte à la prochaine canicule...

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13 novembre 2006

conte: ce qui fait le prix

De quoi dépend le prix

Nasr Eddin, du temps où il était aubergiste à la campagne,
Voit arriver, un jour, une troupe brillante de chasseurs à cheval.
C'est un grand seigneur et sa suite.
" Holà, aubergiste, une collation !
Nous avons l'estomac vide. "

Nasr Eddin leur prépare une omelette qu'ils mangent avec appétit.
" Combien te dois-je ? lui demande le seigneur,
Au moment de repartir.
- Trente dinars, Excellence.
- Par Allah, trente dinars pour une omelette !
Les œufs sont donc bien rares par ici.
- Non, Excellence, ce ne sont pas les œufs qui sont rares par ici.
Ce sont les gens riches. "


(Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin, éd. Phébus, Pocket)

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